Docteur Édouard Pélissier


Obésité et inflammation chronique

Le tissu adipeux a longtemps été considéré comme un simple organe de stockage d’énergie destinée à être utilisée en période de manque. Les triglycérides en réserve sont alors scindés en acides gras et utilisés par le foie, pour fabriquer du glucose. Cependant, en cas d’obésité, les acides gras sont libérés en excès dans la circulation sanguine et constituent un des facteurs de la résistance à l’insuline, qui aboutit à l’apparition du diabète de type II ; le plus fréquent.

En outre, à côté de cette fonction métabolique de stockage d’énergie, le tissu adipeux exerce une autre fonction tout aussi vitale en participant aux défenses immunitaires. Il contient un grand nombre de globules blancs qui sécrètent des substances inflammatoires – les cytokines – et les cellules graisseuse elles-mêmes produisent également des substances inflammatoires – les adipokines – ainsi que des hormones.

Parmi ces hormones, la leptine aggrave l’inflammation en stimulant les globules blancs et perturbe la consommation de glucose induite par l’insuline, contribuant également à la genèse du diabète.

Dans le tissu adipeux des sujets obèses, les globules blancs sont très abondants (ils peuvent représenter jusqu’à 40% de l’ensemble des cellules, contre 10% chez les sujets minces) et la concentration en adipokines inflammatoires y est aussi anormalement élevée.

C’est-à-dire que le seul fait d’être obèse s’accompagne d’un état inflammatoire chronique, à bas bruit, qui a des conséquences délétères pour les autres organes.